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La première leçon que je retiens après ces premiers jours de formation, c’est l’humilité.

Humilité devant la richesse de la nature, son intelligence, sa capacité à s’adapter à son environnement et tout ce qu’elle a mis en place pour être vivante et pour nous offrir – le mot est important – une multitude de services, puisque c’est souvent le terme utilisé : aliments, parfums, vertus thérapeutiques et climatiques, plaisir des yeux et repos de l’esprit, matières premières pour nous chauffer, construire et s'habiller pour n’en citer que quelques-uns.

Ce qui frappe, c’est l’organisation absolument fascinante de tous les éléments de cette Mère Nature entre eux. Rien ne se passe par « hasard ».

La nature n’a pas de mots pour s’exprimer et pourtant, elle est très éloquente. Plus nous l’observons, plus nous – j’ai presqu’envie de dire « pauvres humains » apprenons comment elle fonctionne, pourquoi tel oiseau chante au printemps et pas en été, pourquoi telle plante se développera mieux auprès d’une autre ou par contre, n’aimera pas le voisinage d’une troisième, pourquoi tel insecte sera bénéfique au potager ou plutôt ravageur. Comprendre aussi les stratégies développées par certaines espèces d’arbres pour éviter d’être dévastés par les animaux.

Un bel exemple de stratégie est celle développée par certains acacias vis-à-vis des girafes trop gourmandes. Ils se défendent en hébergeant des fourmis agressives dont la morsure est brûlante pour les girafes. Les acacias broutés secrètent un nectar dont les fourmis raffolent ainsi qu'une hormone végétale de stress qui prévient en quelque sorte les acacias voisins d'une agression. Ces derniers augmentent leur production de tanin, qui rend les feuilles plus amères et moins appétissantes pour la girafe, laquelle s'éloigne alors pour aller manger plus loin. Ce principe expliquerait pourquoi les girafes n'ont jamais totalement décimés les forêts d'acacias…

De tels exemples, la nature en regorge et chacun est source d’enseignement.

Moi la citadine cartésienne réalise à quel point aujourd’hui, nous sommes pour la plupart complètement déconnectés de la nature (dé-naturés au sens propre du terme) et combien il est nécessaire de se reconnecter. Pour retrouver son énergie vitale, son enracinement et son appartenance au monde du vivant.

Et pour cela, rien de tel que de mettre les mains dans la terre, que de d’observer cette nature qui change chaque jour, de s’en nourrir dans tous les sens du terme.

La formation ici à Ste Marthe nous le permet bien sûr. Elle nous offre aussi la possibilité d’identifier notre « rêve racine », ce 3ème pilier de notre vie – outre les piliers personnel et professionnel – celui qui nous aide à trouver notre activité de vie.

J’y reviendrai plus en détails dans quelques temps.

 

Bénédicte

Salbris, Loir et Cher, le 19 Mars 2012